À seulement 8 kilomètres du Château le Verdoyer, le charmant village de Saint-Pardoux-la-Rivière vous invite à découvrir son histoire fascinante et ses paysages verdoyants. Niché au fond d’une cuvette à 150 mètres d’altitude, au pied des dernières pentes boisées du plateau limousin, ce bourg authentique se déploie de part et d’autre de la Dronne, rivière qui abandonne ici son caractère torrentiel pour s’étaler paisiblement dans la vallée.
Situé à la croisée des chemins entre Limousin, Périgord et Bordelais, Saint-Pardoux-la-Rivière était autrefois un gué stratégique emprunté par les pèlerins se rendant à l’abbaye de Brantôme. Aujourd’hui encore, le village conserve les traces de ce riche passé, invitant le visiteur à un voyage dans le temps.
Une histoire mouvementée
Des origines médiévales
L’histoire de Saint-Pardoux-la-Rivière remonte au 13ème siècle, bien avant l’édification de sa forteresse, citadelle franque dont il ne subsiste aujourd’hui que quelques murs de soutènement du plateau. Le village doit son nom à Saint Pardoux, personnage né en 657 à Sardan dans le diocèse de Limoges, qui devint directeur du Monastère de Guéret jusqu’à sa mort.
En 1490, à la demande de Jeanne de Guyenne, prieure du Couvent, le roi Charles VII accorda à Saint-Pardoux-la-Rivière le droit de tenir un marché le jeudi de chaque semaine, tradition qui perdure encore aujourd’hui. En 1581, le bourg accéda au rang de baronnie.
Le couvent des Dominicaines : une empreinte indélébile
L’importance de Saint-Pardoux-la-Rivière fut considérablement renforcée à la fin du 13ème siècle par la fondation d’un couvent de Dominicaines. Cette initiative extraordinaire est le fait de Marguerite de Bourgogne, vicomtesse de Limoges, surnommée « Marguerite l’Enragée » en raison de son intransigeance et de ses cruautés.
Pour racheter ses péchés, la vicomtesse fit construire le monastère sur ses terres. Le 20 mai 1293, Fine d’Aragon, première prieure, en prit possession accompagnée de six dominicaines venues du monastère de Prouille, berceau de l’ordre. Durant six siècles, quarante-deux prieures se succédèrent, et le couvent devint une source de prospérité pour le village, dont les habitants désignaient affectueusement les religieuses comme « nos dames ».
Pendant la Révolution française, le couvent fut abandonné et vendu au Sieur Planchas-Lavalette, qui le loua au département pour en faire une prison de femmes. Après la libération des dernières prisonnières, les bâtiments laissés à l’abandon furent pillés par les villageois pour la construction de leurs maisons. Une partie du cloître fut même transportée en 1808 dans une maison du bourg, et l’église du couvent fut démolie en 1830.
Une économie florissante
Le village comptait autrefois sept moulins dont un à huile sur la Dronne. La population se composait de petits bourgeois, marchands, chirurgiens et gens de terre, mais aussi d’artisans aux métiers variés : charpentiers, maçons, menuisiers, maréchaux, éperonniers, sabotiers, tisserands, carriers et arquebusiers. Les paysans cultivaient les céréales dans les terres grasses de la vallée, exploitaient les noyers pour l’huile et élevaient du bétail.
Un patrimoine à découvrir
L’église Saint-Pardoux et son cadran solaire
Au cœur du village, sur l’ancienne place des forts, se dresse l’église Saint-Pardoux, d’origine romane datant du 12ème siècle. Après de nombreux pillages et trente années d’abandon, elle fut restaurée en 1599 et dédiée à Saint Pardoux puis à Saint Bruno.
Le joyau de cette église est sans conteste son magnifique cadran solaire réalisé en 1854 sur la façade sud, accompagné de l’inscription poétique : « Comme une ombre qui passe et ne revient pas, ainsi passe nos jours qui s’en vont à grand pas ». Sur la place Général de Gaulle qui entoure l’église, vous découvrirez également une fontaine et le monument aux morts de la guerre 1914-1918, inscrit aux monuments historiques en 2015, qui inclut la statue « On ne passe pas » réalisée par Eugène Piron.
Les lavoirs et le poids public
En descendant vers la Dronne, vous découvrirez les charmants lavoirs du village, dont un situé en bord de rivière près duquel vous pourrez pique-niquer. Un second lavoir se trouve près de la salle polyvalente. Ne manquez pas non plus le poids public datant de 1898, monument architectural situé au centre de la commune.
Le Musée de la Carte Postale Ancienne
Saint-Pardoux-la-Rivière abritait un trésor méconnu : le Musée de la Carte Postale Ancienne du Périgord, unique en France. Fondé en 1994 par Henri Brives, passionné de patrimoine, ce musée présentait sur 600 m² quelque 25 000 à 30 000 cartes postales anciennes exclusivement consacrées au Périgord.
Installé dans un édifice datant de 1720, le musée vous invitait à flâner dans les différents cantons périgordins, à découvrir les 557 communes du département, à retrouver avec émotion les métiers d’antan, les premières affiches publicitaires et les publications au charme désuet. Une véritable machine à remonter le temps, fermé il y a quelques années et qui, nous l’espérons, trouvera un nouveau passionné pour reprendre ce voyage dans le temps !
La Voie Verte : une coulée de nature
Un parcours exceptionnel
L’ancienne voie ferrée Thiviers-Saint-Pardoux, construite en 1888 et rebaptisée « La Voie Verte », a été réaménagée pour accueillir randonneurs, cyclistes et cavaliers. Ce parcours de 16 à 17 kilomètres en sable stabilisé bien roulant traverse le cœur du Périgord Vert, offrant une balade sécurisée et ombragée, idéale pour toute la famille.
Le tracé emprunte une vraie coulée verte au milieu des forêts de chênes, pins et acacias, avec des vues splendides sur les vallées sauvages de la Côle et de la Dronne. Les amateurs de patrimoine apprécieront les nombreuses constructions d’art qui jalonnent le parcours : le viaduc de Saint-Pardoux, des ponts, passerelles, boviducs, gares et maisons de gardes-barrières.
La Flow Vélo
La Voie Verte fait partie de l’itinéraire national V92 Flow Vélo, réseau cyclable qui traverse l’Aquitaine. Le parcours monte en faux plat depuis Saint-Pardoux sur environ 3 km, traverse un plateau de 6 km avant de descendre puis de remonter légèrement jusqu’à Thiviers.
En cours de route, ne manquez surtout pas Saint-Jean-de-Côle, classé parmi les plus beaux villages de France, facilement accessible depuis la Voie Verte. Les villages de Saint-Romain, Saint-Clément, Saint-Martin de Fressengeas et Milhac-de-Nontron vous accueilleront également avec charme.
La Nuit du Spardos : une fête légendaire
Un événement incontournable
Chaque année, le dernier samedi de juillet, Saint-Pardoux-la-Rivière s’anime pour la Nuit du Spardos, marché nocturne créé en juillet 1997 par l’équipe du comité des fêtes et la municipalité. Cette audace fut récompensée dès la première édition par la présence de 5 000 personnes, faisant de cet événement le premier marché de nuit du nord de la Dordogne.
L’entrée est gratuite, et la fête offre un programme riche : marché nocturne, vide-greniers, concerts, troubadours et marchands divers. Des hommes déguisés en moines servent le fameux breuvage du Spardos, dont la recette est précieusement gardée secrète dans les vieux grimoires.
La légende du Spardos
L’équipe d’organisation a su créer une légende captivante autour du Spardos, également appelée « La Nuit du Reflet ».
Il y a bien longtemps, par une belle nuit de juillet, l’immense bâtisse du monastère se reflétait chaque année sur les eaux de la Dronne comme un drap immaculé. Autour de cet événement visuel, grande fête était donnée.
Troubadours, ménestrels et marchands permettaient aux pèlerins de s’amuser, et la boisson du Spardos donnait à tous la gaieté nécessaire pour que femmes et enfants aient envie d’y retourner chaque année. Jusqu’au jour où le guetteur du reflet fut distrait et ne put avertir avec sa cloche que le moment magique était arrivé. Comme une malédiction, les moines désertèrent les lieux à jamais.
Depuis ce jour, chaque pierre fut descellée, et ajoncs, lierres et futaies reprirent leurs droits, faisant dévaler les quartiers du monastère dans le lit de la rivière. Le baptême du Spardos, qui a lieu à l’ouverture de la fête vers 19h30, proclame la qualité du breuvage avant sa mise en vente publique.
Un écrin de nature préservée
Saint-Pardoux-la-Rivière bénéficie d’un environnement naturel exceptionnel. Les eaux fraîches et courantes de la Dronne amont accueillent de nombreuses espèces animales et végétales témoignant de la qualité de la rivière. La moule perlière, notamment très présente, a valu à la Dronne une reconnaissance européenne avec son inscription au réseau Natura 2000.
Grâce au programme européen LIFE+, deux barrages ont été démantelés à la Tannerie de Chamont, permettant à la rivière de retrouver une dynamique naturelle. Les truites sont revenues en nombre dans le bourg, signe éclatant de la qualité des eaux.
De nombreuses randonnées pédestres s’offrent à vous au départ du village, avec notamment le point de vue de Brin qui offre un panorama splendide sur la vallée. Les cartes sont disponibles à l’office de tourisme ou à la mairie.












