Bourdeilles, l’autre bijou de la vallée de la Dronne

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À quelques kilomètres de Brantôme, un village médiéval presque intact, deux châteaux pour le prix d’un et une rivière qui coule au pied des remparts. Bourdeilles mérite bien le détour.

Un village qui se mérite… et qui récompense

En quittant Brantôme vers le sud-ouest, la route touristique longe la Dronne et se faufile entre falaises calcaires et méandres paresseux. C’est au bout de ce couloir de verdure que surgit soudainement la silhouette massive du château de Bourdeilles, perchée sur son éperon rocheux comme une sentinelle oubliée. On comprend d’emblée pourquoi le village fut autrefois la première des quatre baronnies du Périgord — avec Biron, Beynac et Mareuil — et l’un des lieux de pouvoir les plus disputés de toute la Dordogne.

Le village de Bourdeilles se situe à seulement 7 km de Brantôme et à environ 20 km au nord-ouest de Périgueux, en plein cœur du Périgord Vert. Depuis le Château le Verdoyer, comptez environ une demi-heure de route pour y parvenir — c’est l’excursion idéale pour une après-midi chargée d’histoire.

Deux châteaux, huit siècles d’histoires

Ce qui rend Bourdeilles immédiatement singulier, c’est qu’il ne s’agit pas d’un château, mais bien de deux édifices côte à côte, séparés par plusieurs siècles d’architecture et de turbulences historiques.

Le premier, médiéval, remonte à la fin du XIIIe siècle. Son donjon octogonal de 35 mètres — le plus haut de tout le département — s’élève au-dessus des toits avec une autorité tranquille. À l’intérieur, on monte les 235 marches de pierre pour déboucher sur un panorama saisissant : le village, la vallée boisée, les courbes lentes de la Dronne. La salle des gardes, les cours pavées et les caves voûtées complètent cette plongée dans le Moyen Âge militaire.

Le second château, Renaissance, est né d’une histoire qui tourne court. C’est Jacquette de Montbron qui, à la fin du XVIe siècle, fait construire ce palais inspiré des villas italiennes pour accueillir Catherine de Médicis — protectrice de Pierre de Bourdeille, l’auteur des célèbres Dames Galantes. La reine n’y mettra jamais les pieds, mais le palais, lui, demeure magnifique. Il abrite aujourd’hui l’une des plus riches collections de mobilier de Nouvelle-Aquitaine : tapisseries, plafonds peints, salons dorés et même le légendaire lit espagnol de Charles V, dit le « lit du Paradis ». La visite des deux châteaux dure environ 90 minutes.

Le château de Bourdeilles ne se visite pas seulement : il se vit. Tout au long de l’année, des expériences originales y sont proposées — escape game en réalité virtuelle à travers quatre époques charnières, visites théâtralisées nocturnes aux flambeaux, ateliers de savoir-faire médiévaux pendant les vacances scolaires. Et chaque année fin juillet, les Médiévales de Bourdeilles transforment le site le temps d’un week-end : combats de chevaliers en armure, campements animés, marché d’artisans et gastronomie d’époque — jusqu’à 3 000 visiteurs pour une fête qui prend chaque année un peu plus d’ampleur.

Le vieux pont, les rapides et les Grosses Madames

L’un des plus beaux points de vue sur l’ensemble se trouve en contrebas, face au vieux pont gothique à avant-becs qui enjambe la Dronne. À ses pieds, la rivière dévale de petits rapides avant de s’apaiser, et sur l’un des îlots rocheux se dresse le moulin seigneurial du XVIIe siècle, autre témoin discret de la prospérité médiévale du lieu.

Dans l’eau, face à ce même pont, le regard tombe sur une surprise artistique : les « Grosses Madames », sculptures réalisées par Betty Arab et Laurence Orchard, dont les formes généreuses semblent flotter entre deux eaux. Une des curiosités les plus inattendues — et les plus souriantes — de tout le Périgord Vert.

Se perdre dans les cantons

Au-delà des châteaux, le village lui-même mérite qu’on lui consacre une bonne heure de flânerie. Les cantons — ces venelles médiévales parfois si étroites qu’un seul piéton y passe — serpentent entre de hauts murs de pierre calcaire, révélant des jardins secrets, des façades sculptées et quelques ruines bien intégrées dans la vie courante.

On y croise la Maison des Sénéchaux (XVe-XVIIe siècle), l’église Saint-Pierre-ès-Liens posée au bord de la Dronne, une chapelle Notre-Dame du XIIe siècle et même un jardin médiéval en carrés, planté d’herbes médicinales et de légumes anciens. Aux alentours, les environs recèlent également quelques trésors géologiques et préhistoriques, dont le dolmen de Peyrelevade, inscrit aux Monuments Historiques.

Le dimanche matin, la place de la Halle accueille un marché local animé — fromages, foie gras, fruits de saison — qui donne au village une vie supplémentaire.

Tarifs château (individuels) : adultes 10,10 € · 5–12 ans 6,70 € · moins de 5 ans gratuit

Ouverture : février à décembre, horaires variables selon la saison

Réservation recommandée : chateau-bourdeilles.fr

Une journée bien remplie en Périgord Vert

Si vous passez un dimanche dans la région, commencez par le marché de la place de la Halle — fromages, foie gras, fruits de saison — avant d’enchaîner avec la visite des châteaux.

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