5 km entre moulin, voie ferrée oubliée, autruches improbables et un mystérieux tunnel pour vaches.

Le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin a le don de transformer un coin de campagne apparemment ordinaire en une sorte de cabinet de curiosités à ciel ouvert. Ses équipes ont soigneusement balisé des centaines de chemins qui relient les sites remarquables de la région — et au détour de l’un d’eux, depuis le Château le Verdoyer, vous attend une balade familiale qu’on aime appeler la Boucle du Tacot : environ 5 km, un dénivelé modeste, et une série de petites surprises qui font de cette sortie bien plus qu’une simple promenade digestive.

La fiche pratique

~5 km

Distance

1h30 à 2h

Durée (famille)

Facile

Niveau

Toute l’année

Saison

Départ

Camping

La boucle est accessible dès le camping, sans voiture. Elle convient parfaitement aux familles avec enfants, aux marcheurs occasionnels et aux chiens bien tenus en laisse — comme en attestent les nombreux visiteurs qui la referaient volontiers.

Le départ : entre les deux étangs

Tout commence au cœur même du domaine. Il suffit de descendre entre les deux étangs du camping, de longer celui dédié à la pêche jusqu’à la sortie du domaine, et de rejoindre la petite route qui mène au hameau de Maziéras. Quelques jolies maisons bien restaurées vous accueillent, et c’est là que le chemin balisé s’engage sur la droite, par un sentier escarpé.

En chemin, on passe à côté du Moulin de Maziéras — l’un des nombreux moulins à eau qui ponctuaient autrefois ces rivières et ruisseaux du Périgord Vert, essentiels à la vie agricole et artisanale de la région. Quelques-uns ont été transformés en habitations ; celui-ci abrite aujourd’hui une brasserie artisanale. Le chemin continue ensuite à travers bois, dans le calme d’une forêt bien tempérée.

L’ancienne gare du Tacot : quand le train passait par ici

On débouche alors sur un bâtiment isolé au bord de la route, à l’architecture sobre et fonctionnelle, représentative des constructions ferroviaires du début du XXe siècle. C’était la gare du Tacot de Saint-Saud. Le « Tacot » — surnom affectueux donné à ce petit train à vapeur — reliait Saint-Pardoux-la-Rivière à Saint-Mathieu-en-Limousin entre 1912 et 1934. La gare accueille aujourd’hui le système de pesée municipal, mais il n’est pas difficile d’imaginer les voyageurs qui attendaient là, valises aux pieds.

L’anecdote : la montée vers Freisseing était si raide que les passagers descendaient parfois du wagon pour alléger la charge… et aider le train à monter. Bienvenue dans l’ère des transports en commun participatifs.

À partir de ce point, c’est sur l’ancienne voie du Tacot elle-même que vous marchez — reconnaissable à ses passages taillés dans la roche pour laisser passer le convoi. Un morceau d’histoire sous les pieds.

Les autruches : non, vous ne rêvez pas

La promenade réserve une surprise de taille — littéralement. En longeant une ferme, ne soyez pas déconcerté si de grands oiseaux à long cou s’approchent de la clôture pour vous observer avec autant de curiosité que vous en aurez pour eux. Des autruches, en plein Périgord Vert. La ferme propose à la vente de la viande, des œufs et des plumes pour les amateurs — une adresse insolite à glisser dans votre carnet de voyage.

Le boviduc : un tunnel pour bovins signé XIXe siècle

Voilà la pièce maîtresse de la balade. Le Boviduc est un petit tunnel creusé sous la voie de chemin de fer, enjambant le ruisseau la Malincourie, à la limite des communes de Saint-Saud-Lacoussière. Son rôle ? Permettre aux troupeaux de traverser sans croiser le passage du train. Il ne se voit pas depuis le chemin principal — il faut suivre le petit panneau en bois pour le trouver et s’y engager. Un passage bas, humide, délicieusement anachronique, et parfait pour épater les enfants (et les adultes).

La Malincourie coule juste à côté, paisible : c’est l’endroit idéal pour une courte pause, laisser le chien se rafraîchir et reprendre des forces avant la dernière ligne droite.

Le retour : les vallons de Freisseing et Pierre Blanche

Le chemin remonte vers le hameau de Freisseing, surplombant la vallée et offrant de belles vues sur les prairies et les bois alentours. Après quelques maisons tranquilles, on bifurque à droite vers le hameau de Pierre Blanche. Et presque sans y penser, on retrouve les étangs du Verdoyer — exactement là où on les avait quittés. La boucle est bouclée.

En famille avec un « vieux » chien et deux enfants nous avons mis 1h30 à 2h pour profiter pleinement de chaque détour. Mais une chose est sûre : ce sera une belle après-midi.

Conseils avant de partir

La balade est praticable toute l’année. Au printemps, les orchidées sauvages ponctuent les lisières ; en automne, les champignons et les couleurs font du chemin une palette vivante. En hiver, le silence des bois et la brume sur les vallons ont leur propre magie. Chaussures de marche conseillées, surtout après la pluie — certains passages en sous-bois peuvent devenir glissants.

Pour toute question sur l’itinéraire, les variantes ou les autres sentiers balisés de la région, la réception du camping est là pour vous orienter. Vous pouvez aussi consulter les ressources du Parc Naturel Régional sur pnr-perigord-limousin.fr, ou retrouver la trace GPS de la Boucle du Tacot sur Visorando.

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